05Aug

10 livres à glisser dans votre valise cet été — testés et approuvés par Impactup

Ce n’est pas vraiment notre habitude.

Sur ce blog, on parle recrutement, candidats, entreprises, marché de l’emploi. Parfois de cette tendance qu’on a tous à compliquer des choses qui l’étaient déjà bien assez.

Mais c’est l’été. Alors voilà des livres — ceux qu’on a vraiment lus et vraiment aimés. On ne vous parlera pas de ceux qu’on a moins aimés : d’abord parce qu’on n’est pas critiques littéraires, ensuite parce que ce n’est pas tellement notre genre.

Du français, de l’américain, une incursion australienne. Des romans, de la philosophie, de l’histoire, du polar. Des classiques et des choses beaucoup plus légères. La liste n’a évidemment rien d’exhaustif : ce sont simplement dix livres qu’on avait envie de vous conseiller cet été.

Il reste un jeu possible pour ceux qui nous connaissent : deviner qui a choisi quoi. Qui s’est attaqué à Simone Weil ? Qui a ri avec Fabrice Caro ? Qui a passé quelques centaines de pages dans une petite ville américaine avec Richard Russo ? Et surtout : qui est vraiment allé au bout de L’Odyssée ?

On ne donnera pas les réponses.

Le Discours — Fabrice Caro

Style : Roman français, comédie, absurde du quotidien

Adrien dîne chez ses parents lorsque son futur beau-frère lui demande de prononcer un discours à son mariage. Petit problème : sa compagne vient de lui demander une « pause » et Adrien attend désespérément un SMS qui ne vient pas. À partir de presque rien, Fabrice Caro construit une mécanique intérieure aussi dérisoire qu’implacable.

Notre avis : C’est drôle, très drôle même, mais jamais seulement drôle. Tous ceux qui ont déjà passé une soirée à sourire poliment tout en vivant intérieurement un drame d’une ampleur considérable devraient s’y reconnaître. Autrement dit : à peu près tout le monde.

L’Odyssée — Homère

Style : Épopée, aventure, monument littéraire

Ulysse veut rentrer chez lui après la guerre de Troie. Sur le papier, l’objectif paraît raisonnable. Dans les faits, il lui faudra dix ans, quelques monstres, des dieux susceptibles, une magicienne, des sirènes et un cyclope pour y parvenir. Il y avait probablement des itinéraires plus simples.

Notre avis : Commençons par le commencement : quelqu’un au cabinet l’a vraiment lue. En entier. Et ce n’est tout de même pas rien. Parce que L’Odyssée est un monument de la littérature occidentale, mais un monument de près de trois mille ans dans lequel on n’entre pas exactement comme dans le dernier polar acheté à la gare.

L’été 2026 offre néanmoins une assez bonne raison de tenter l’aventure : Christopher Nolan vient d’en faire l’un des événements cinématographiques de l’année. Alors pourquoi ne pas remonter à la source ? On peut choisir son camp : le grand écran avec Nolan, quelques soirées avec Homère… ou les deux pour les plus motivés.

Everglades — R. J. Ellory

Style : Roman noir américain

La Floride d’Ellory n’a rien à voir avec les brochures touristiques. Pas de bord de mer lumineux, pas de ciel de carte postale. Les Everglades, c’est une étendue de marais et de végétation dense où la chaleur colle aux vêtements et où les silences durent trop longtemps. C’est là qu’Ellory installe ses personnages — des hommes et des femmes qui portent leurs zones d’ombre comme d’autres portent un nom de famille, naturellement, sans s’en excuser.

Notre avis : Si vous avez déjà lu Ellory, Les Fantômes de Manhattan, Seul le silence, vous savez ce que vous cherchez chez lui : cette façon qu’il a de poser une atmosphère avant même que l’histoire commence vraiment, de vous installer dans un lieu jusqu’à ce que vous ayez presque chaud. Everglades fait ça très bien, peut-être mieux encore, parce que le décor y est presque un personnage à part entière. La moiteur du marais, la végétation qui étouffe, les secrets qui remontent lentement — tout ça fonctionne ensemble. C’est un Ellory pour ceux qui aiment déjà Ellory. Si vous ne le connaissez pas encore, commencez par Seul le silence et revenez ici ensuite.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur — Harper Lee

Style : Roman américain, classique, Prix Pulitzer

Dans l’Alabama des années 1930, Scout Finch regarde le monde des adultes avec ses yeux d’enfant, tandis que son père — Atticus Finch, avocat — accepte de défendre un homme noir accusé du viol d’une femme blanche. Un roman sur l’enfance, bien sûr. Mais surtout sur la justice, les préjugés, le courage tranquille et ce qu’on choisit de transmettre.

Notre avis : Il y a des classiques qu’on respecte et d’autres qu’on aime vraiment. Celui-ci appartient, selon nous, à la deuxième catégorie. Ce qui frappe d’abord, c’est le choix du point de vue : tout passe par les yeux de Scout, six ans au début du roman, et c’est précisément ce regard-là qui rend les choses insupportables là où un regard adulte les aurait peut-être rationalisées. Harper Lee ne cherche jamais à vous montrer qu’elle est intelligente. Elle l’est, profondément, mais ça ne se voit pas, mais se perçoit tout au long du livre et se confirme à la fin, quand vous réalisez ce que vous venez de traverser. Quant à Atticus Finch : certains personnages de fiction restent avec vous longtemps après la dernière page. Lui, c’est pour de bon.

Sapiens — Yuval Noah Harari

Style : Essai, histoire de l’humanité

Quelques centaines de pages pour raconter environ 300 000 ans d’histoire humaine : le projet était légèrement ambitieux. Harari passe de la révolution cognitive à l’agriculture, de l’argent aux religions, des empires au capitalisme — et tente de comprendre comment un primate parmi d’autres a fini par occuper autant de place sur cette planète.

Notre avis : Celui d’entre nous qui l’a lu insiste : ne vous laissez pas intimider par le sujet. Sapiens est l’un de ces rares essais qui se lisent comme on regarde un bon documentaire — on avance sans effort, et on ressort avec l’impression que quelque chose a légèrement bougé dans sa façon de voir les choses. Harari a ce talent rare de changer la focale sans jamais vous perdre en chemin. On peut discuter certaines de ses thèses, et beaucoup ne s’en privent pas, mais difficile de nier que le livre provoque exactement ce qu’il promet : une mise en perspective. C’est le genre de lecture qui donne envie d’interrompre la personne d’à côté pour lui dire : « Attends, écoute ça. »

Et si le cheval se mettait à parler — Elliot Perlman

Style : Roman australien, comédie sociale

Stephen Maserov est avocat junior dans un puissant cabinet australien. Il travaille énormément, déteste son travail et vit pourtant dans la peur permanente de le perdre. Sa vie familiale ne va guère mieux. Acculé, il décide de prendre la défense d’une salariée victime de harcèlement et se retrouve à défier une machine beaucoup plus puissante que lui.

Notre avis : Le point de départ est déjà assez réjouissant : avoir terriblement peur de perdre un travail que l’on déteste est probablement une situation plus répandue qu’on ne veut bien l’admettre. Perlman en fait une comédie sociale sur le travail, le pouvoir, le cynisme et notre capacité à ne pas complètement nous y résigner. C’est intelligent, drôle, parfois féroce, mais jamais désabusé. Et, promis, nous ne l’avons pas sélectionné parce qu’il parle du monde du travail.

L’Enracinement — Simone Weil

Style : Philosophie politique, essai

Écrit en 1943, L’Enracinement part d’une idée qui paraît simple : nous avons beaucoup parlé des droits de l’homme, peut-être pas suffisamment de ses obligations et de ses besoins fondamentaux. Simone Weil réfléchit au travail, à l’appartenance, à la communauté, à la transmission et à ce qui permet aux individus de ne pas devenir étrangers au monde dans lequel ils vivent.

Notre avis : Disons-le : ce n’est probablement pas celui que vous terminerez le plus vite entre deux baignades. Mais c’est un texte d’une densité et d’une actualité assez étonnantes. À lire lentement, crayon en main si vous êtes de cette école-là.

Le Prince des marées — Pat Conroy

Style : Grande fresque familiale américaine

Tom Wingo quitte le Sud des États-Unis pour New York après la tentative de suicide de sa sœur. Pour aider la psychiatre qui la soigne, il doit raconter leur enfance, leur famille et tout ce que celle-ci a soigneusement tenté d’enfouir. Le passé revient alors par morceaux, entre violence, humour, amour et paysages de Caroline du Sud.

Notre avis : Un grand, gros, magnifique roman américain comme on aimerait en lire plus souvent. Des personnages que l’on finit par connaître, une famille terriblement dysfonctionnelle et une écriture qui donne envie de ralentir plutôt que d’arriver à la fin. Si vous n’en prenez qu’un très gros pour les vacances, celui-ci se défend bien.

Réparer les vivants — Maylis de Kerangal

Style : Roman français, contemporain

Simon Limbres, 19 ans, est victime d’un accident après une session de surf. En vingt-quatre heures, autour de son corps et de son cœur, vont se croiser ses parents, médecins, infirmiers, coordinateurs et receveurs. Un roman sur la mort, donc, mais peut-être encore davantage sur tout ce que les vivants font face à elle.

Notre avis : Dit comme ça, on vous l’accorde, ce n’est pas spontanément le livre que l’on glisse dans le sac de plage entre la crème solaire et les mots fléchés. Ce serait pourtant dommage de s’arrêter là. Maylis de Kerangal réussit à raconter un sujet médical et extrêmement documenté avec une langue incroyablement vivante, presque physique. C’est beau, précis, bouleversant sans jamais chercher à vous tirer les larmes.

À malin, malin et demi — Richard Russo

Style : Roman américain, chronique sociale, humour

Bienvenue à North Bath, petite ville américaine qui a connu des jours meilleurs et où les habitants aussi, pour la plupart. On y retrouve Douglas Raymer, policier veuf, maladroit et vaguement dépassé par sa propre existence, Sully et toute une galerie de personnages cabossés que Richard Russo regarde vivre avec une tendresse assez irrésistible.

Notre avis : Plus de 700 pages, tout de même. Mais c’est précisément le genre de livre pour lequel les vacances ont été inventées. Richard Russo sait raconter l’Amérique des petites villes, les ratés magnifiques, les vieux amis, les rancœurs et les secondes chances sans transformer ses personnages en symboles. C’est drôle, mélancolique, profondément humain et, surtout, on est assez triste de quitter tout ce petit monde à la fin.

Et maintenant, choisissez votre transat

Voilà pour notre bibliothèque d’été.

Dix livres qui n’ont pas grand-chose en commun, sinon d’avoir passé avec succès notre processus de sélection particulièrement rigoureux : quelqu’un chez Impactup les a lus, les a aimés et a réussi à convaincre les autres de les mettre dans cette liste.

Nous aurions pu en ajouter beaucoup d’autres. Nous le ferons avec plaisir une prochaine fois, si cette incursion dans la critique littéraire vous a plu.

En attendant, vous pouvez aussi jouer à deviner qui a choisi quoi.

Et surtout nous envoyer vos propres recommandations. Contrairement aux candidatures, elles sont acceptées sans CV, sans entretien et sans période d’essai.

Bonnes lectures, bonnes vacances !

L’équipe Impactup